#ACCOMPAGNER

diminuer les accidents graves et mortels

Accompagner les professionnels sur le chemin de la prévention ne vise qu’un objectif : diminuer les accidents graves et mortels dans le BTP. Cette mission, l’OPPBTP en a fait un des axes majeurs de son plan stratégique HORIZON 2020. En 2019, la mobilisation a été forte pour multiplier les actions collectives ciblées sur les principaux risques du secteur commeles chutes de hauteur en s’appuyant sur un dispositif adapté à la taille de chaque entreprise (TPE, grands groupes, etc.) et au profil de tous les acteurs de la prévention (CSE, CSPS, maîtres d’ouvrage, etc.).

Faits Marquants 2019

1765
entreprises

Grâce à la mobilisation de la Cnam et de l’OPPBTP, 1 765 entreprises de 20 à 49 salariés se sont engagées dans une démarche de prévention des risques de chutes de hauteur, développant ainsi leur performance en santé et sécurité au travail.

#INTERIML’OPPBTP a intensifié ses actions auprès des principaux acteurs de l’intérim (Manpower, ADECCO, Randstad) pour aider à mieux sensibiliser les intérimaires du BTP à la prévention.

#HYPERBARIEFace à l’augmentation du nombre d’accidents lors de travaux hyperbares, l’OPPBTP a formé une équipe spécialisée de conseillersen capacité d’accompagner en prévention les 129 entreprises concernées.

5400
actions

de prévention des risques de chutes de hauteur
ont été réalisées en partenariat avec la Cnam.

#CSE Les conseillers de l'OPPBTP ont participé à plus de 1 millier de réunions CHSCT, CSE ou CSSCT.

Diminuer les accidents graves et mortels

Des actions à 360°

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S’engager pour lutter contre des risques identifiés auprès d’entreprises ciblées est une des priorités du plan stratégique HORIZON 2020. En 2019, 5 350 entreprises accompagnées, soit 152 000 salariés, ont bénéficié directement ou indirectement d’actions de prévention sur la durée et en profondeur pour limiter les accidents et améliorer les conditions de travail. Des chiffres en constante augmentation qui démontrent bien que l’OPPBTP est actif sur le terrain.

LES RISQUES PRIORITAIRES

Travaux en hauteur, toujours en campagne

Les travaux en hauteur restent la première cause d’accidents graves et mortels dans le BTP. La campagne de communication « Travaux en hauteur, pas droit à l’erreur » débutée en 2014 par les ministères du Travail et de l’Agriculture, la MSA, la CNRACL, l’INRS, la Cnam et l’OPPBTP s’est donc poursuivie en 2019, avec l’intention de l’inscrire dans la durée.
En parallèle, la convention avec la Cnam a été renouvelée en avril 2019 afin de donner un nouvel élan à la dynamique de terrain engagée auprès des entreprises de 20 à 49 salariés dans les métiers du gros œuvre, de la rénovation de façades, de la couverture et de la charpente, qui représentent le cœur de cible (voir encadré ci-dessous). Le nouveau dispositif s’oriente vers une complémentarité des actions des deux organismes : l’OPPBTP continue de cibler les entreprises et la Cnam, les maîtres d’ouvrage et les constructeurs de maisons individuelles. En 2019, dans le cadre de la campagne « Travaux en hauteur, pas droit à l'erreur », 823 diagnostics ont été finalisés dans des entreprises cœur de cible, 1 150 entreprises ont réalisé 5 400 actions de prévention (mise à jour du DU, formation, achat et vérification d’équipement, etc.), soit 72 % des sociétés contactées par l’OPPBTP. Parmi les actions effectuées, les taux de réalisation les plus importants des recommandations formulées par les conseillers de l’OPPBTP concernent la procédure d’accueil (42 %), la désignation d’un chargé de prévention (41 %) et l’amélioration de la gestion du matériel (40 %). Par ailleurs, 5 805 salariés de 976 entreprises ont suivi une formation tant sur des sujets techniques que sur des thématiques managériales.

Partenariat avec la Cnam : l’utilité d’une action conjointe

La première convention conclue en 2014 entre les deux partenaires a démontré l’utilité d’une action conjointe : 1 765 entreprises de 20 à 49 salariés ont entamé une démarche de prévention, sur les 3 500 identifiées. Durant quatre ans, les conseillers régionaux de l’OPPBTP et les contrôleurs de sécurité et ingénieurs-conseils de la Cnam et des Carsat/Cramif se sont mobilisés pour informer, diagnostiquer, former, accompagner les entreprises volontaires. L’analyse des évaluations faites en début et fin de démarche met en lumière une amélioration de 16 %. Les Carsat et la Cramif ont également obtenu l’intégration de prescriptions de prévention des chutes par les maîtres d’ouvrage dans 900 projets de construction.

Zoom Sur

Vinci Construction Maritime et Fluvial soutenu par l’OPPBTP

En septembre 2019, un contrat d’accompagnement a été signé avec Vinci Construction Maritime et Fluvial, entité qui regroupe une partie importante des scaphandriers en France. Le suivi de l’OPPBTP consiste à mettre en place plusieurs actions comme aider à la rédaction des fiches sécurité, mettre à jour le Document Unique pour le risque hyperbare, accompagner l’entreprise lors de visites de chantiers sensibles, tout particulièrement sur les risques annexes et réaliser une réunion d’information à destination des maîtres d’ouvrage de la profession.

Travaux hyperbares : prévention en profondeur

À la suite d’un grand nombre d’accidents lors de travaux hyperbares en 2018, une équipe dédiée à l’accompagnement des entreprises spécialisées a été constituée et formée à l’INPP (Institut national de plongée professionnelle). Les sept référents volontaires ont complété leur apprentissage sur le terrain auprès d’entreprises adhérentes au SNETI (Syndicat national des entrepreneurs de travaux immergés).
Cette équipe est chargée d’accompagner la centaine d’entreprises de travaux hyperbares actives en France et de garantir ainsi un haut niveau de performance en prévention de ce secteur. Parmi les moyens mis en œuvre, une base de situations de danger a été intégrée à l’outil EvRP (évaluation des risques professionnels) et un diagnostic hyperbare spécialement adapté. En partenariat avec le SNETI et la Direction générale du travail, sept réunions d’information ont été organisées auprès des 129 entreprises identifiées. Les premiers accompagnements d’entreprises sont en cours. Cette action s’engage en parallèle de la certification obligatoire. En effet, toutes entreprises ayant des activités relevant de la Mention A (travaux subaquatiques) ou D (travaux sans immersion), ainsi que les entreprises de travail temporaire, doivent avoir été certifiées avant le 1er janvier 2020.

Pleins phares sur le risque routier

Comme tous les ans, de nombreuses actions sont engagées au sujet des risques routiers qui restent un fort enjeu du BTP. Une cinquantaine de journées de sensibilisation, notamment sur le chargement et l’arrimage, ont été organisées avec la Sécurité Routière, les SIST et les forces de l’ordre. Elles ont réuni près de 5 000 participants dont les deux tiers étaient des apprentis. Une formation à distance D-clic Prévention dédiée au chargement-arrimage a été mise en ligne en novembre 2019 sur le site PréventionBTP.fr et comptabilise près de 2 500 connexions. Elle est souvent utilisée lors des réunions d’animation sur ce thème.

Les actions ciblées

Les entreprises nouvelles en prévention

L’une des missions principales de l’OPPBTP est de répondre aux différentes sollicitations. Celles-ci sont autant d’opportunités d’aider les professionnels à progresser en prévention, tout en capitalisant sur leur savoir-faire. En 2019, de nouvelles entreprises ont été identifiées et ont mis en place leurs premières actions grâce à l’accompagnement personnalisé des conseillers sur le terrain.
Cet investissement, qui représente jusqu’à 20 % du temps et de l’énergie des équipes de l’OPPBTP, est payant : une entreprise bien suivie est une entreprise qui progresse dans sa politique de prévention tout en permettant à la branche de bénéficier d’un retour d’expérience riche en enseignements. L’analyse détaillée de chaque situation permet de capitaliser et de mutualiser les bonnes pratiques qui sont ensuite mises à disposition de la profession sous la forme de fiches Prévention & Performance (analyse économique du retour sur investissement), ou de fiches Solutions Chantier (pratique opérationnelle facile à mettre en œuvre), disponibles sur PréventionBTP.fr.

Les entreprises en situation d’urgence

Autre priorité : l’accompagnement de toute entreprise confrontée à une situation d’urgence, à un accident grave ou un arrêt de chantier. Lancée en 2018, une application dédiée permet de recueillir informations et photos sur les circonstances à l’origine de l’accident afin d’agir plus efficacement sur les causes identifiées. Elle comptabilise 299 enregistrements réalisés par les professionnels qui représentent une véritable source de retour d’expérience pour l'Organisme. Cette année, 453 entreprises ont ainsi été assistées par les conseillers, dont 268 à la suite d’un accident du travail. L’objectif est ensuite de leur permettre une montée en compétences et une intégration continue de la prévention grâce à un contrat d’accompagnement. Bilan : 685 prestations de conseils réalisées, dont 71 ont abouti à un suivi sur le long terme.

Le réseau CAP Prévention

Le réseau des correspondants prévention des entreprises du BTP animé par l’OPPBTP a continué sur sa lancée. En 2019, 2 200 d’entre eux ont assisté aux 277 sessions organisées dans toute la France sur des thèmes aussi variés que l’innovation digitale au service de l’entreprise, l’image du BTP et la qualité de vie sur les lieux de travail ou les travaux en hauteur. Une nouvelle organisation de CAP Prévention est actuellement à l’étude afin de redynamiser ces rendez-vous et de proposer des réunions plus interactives.

Les chefs d’entreprise

En 2019, l’OPPBTP a mis en place un programme d’accompagnement de haut niveau dédié aux chefs d’entreprise fortement engagés dans le développement d’une culture prévention au sein de leur structure et qui souhaitent aller encore plus loin. Ainsi, une vingtaine de dirigeants ont bénéficié du dispositif ACE (accompagnement chef d’entreprise), qui est également en expérimentation avec des responsables d'agence de grands groupes du BTP.

Les intérimaires

Les intérimaires ont fait cette année l’objet d’une attention toute particulière. En avril 2019, les 213 000 entreprises adhérentes de l’OPPBTP ont reçu une Lettre de Prévention BTP spéciale « Intérimaires », accompagnée d’un dossier d’information mis en ligne pour l’occasion.
La convention avec Manpower signée en 2015 a également été renouvelée au vu des résultats fructueux qu’elle a générés. Après trois ans de partenariat, les 37 sessions ont permis de former 285 collaborateurs en charge des intérimaires du réseau BTP (soit 80 % de l’effectif ciblé) dont le très bon taux de satisfaction exprimé a validé la méthodologie sur-mesure mise en place. Fort de ce succès, l’OPPBTP a sollicité Adecco et Randstad pour étendre l’impact de ses actions auprès d’un plus grand nombre d’agences. En 2019, six sessions ont eu lieu chez Adecco avec un total de 52 participants.

Prévention des chutes de hauteur : les professionnels agissent

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« L’Icsi apporte l’expérience industrielle et le levier des facteurs humains et organisationnels, l’OPPBTP son expertise du secteur, sa maîtrise de l’analyse des techniques et des systèmes de management sécurité développés dans le BTP. Cette complémentarité renforce la démarche de prévention des risques souvent déjà lancée par les entreprises. »

Les grandes entreprises

Le partenariat engagé avec l’Icsi (Institut pour une culture de sécurité industrielle) depuis de nombreuses années continue de porter ses fruits. L’OPPBTP s’est rapproché de cet institut pour concevoir une approche « Culture Prévention » inspirée de leur méthode, mais spécifique au BTP.
Les grandes entreprises du secteur ont tout de suite manifesté leur intérêt pour cette démarche susceptible de les aider à renforcer leur propre culture sécurité. Les groupes Legendre, Rabot Dutilleul Construction, Spie batignolles Sud-Est, NGE Fondations, Eurovia, Eurovia Filiales spécialisées ETF et RAZEL-BEC ont ainsi réalisé leur premier diagnostic en 2019. Ces actions représentent plus de 500 jours d’accompagnement. Ce type d’action permet aux préventeurs de l’Organisme d’acculturer les entreprises aux facteurs humains et organisationnels en réalisant un questionnaire et des entretiens auprès de l’ensemble des collaborateurs, dans le but de définir des axes stratégiques à l’élaboration d’un plan d’action.
Huit collaborateurs de l’Organisme ont suivi une formation avec l’Institut. Ils sont désormais autonomes dans la réalisation de diagnostics simplifiés dans des entreprises de moins de 200 salariés, comme SLDTP (filiale de NGE), de B&B (Demathieu Bard) et de Navarra Terrassements Spéciaux (VCT) qui en ont bénéficié.
Une nouvelle convention nationale a, par ailleurs, été signée avec VINCI Construction Terrassement et a permis de sensibiliser 1 200 collaborateurs du groupe. Celle-ci prévoit une aide à la conception et la participation aux événements relatifs à la sécurité, l’assistance à la politique d’implication du management intermédiaire, la réalisation d’une série de clips sur la prévention des risques liés aux travaux de curage des bâtiments, la réalisation d’un diagnostic de la culture de sécurité et la participation aux CSE du Groupe et de ses filiales. Enfin, l’OPPBTP a répondu présent pour soutenir la volonté de Ponticelli Frères de développer le leadership en sécurité de ses équipes d’encadrement et l’appropriation des règles et standards de prévention. Une convention signée en mai 2019 a débouché sur l’élaboration d’un programme complet et personnalisé d’actions.

La méthode Icsi

L'Institut pour une culture de sécurité industrielle (Icsi) a pour objectif de développer une culture de sécurité dans ce secteur. La méthode qu'il a élaborée se fonde sur une analyse documentaire de l’organisation, sur une immersion au sein de l’entreprise pour observer les pratiques et sur une étude des croyances et des représentations du personnel à travers un questionnaire anonyme. Elle permet de mettre en place une culture de prévention pérenne, d’explorer les aspects organisationnels et humains et d’effectuer un état des lieux en profondeur de la culture de sécurité de l’entreprise ciblée.

Comment votre collaboration a-t-elle débuté et comment se déroule votre accompagnement ?

En 2018, nous avons signé une convention de partenariat avec l’OPPBTP et l’Icsi, afin qu’ils nous accompagnent dans l’élaboration d’une démarche d’amélioration de notre culture sécurité. Dès janvier 2019, une soixantaine de collaborateurs accompagnés des membres de notre Directoire, de l’Icsi et de l’OPPBTP ont constitué quatre groupes de travail. Ils se sont ensuite réunis pour consolider et planifier les actions à mettre en œuvre. Ce plan d'action coconstruit a été lancé en juin 2019. Composé des quatre axes qui représentent nos grandes orientations à atteindre d’ici à 2022, il a été décliné en 43 actions concrètes. En juillet, l’OPPBTP, l’Icsi et les membres du service QSE ont ainsi identifié les six risques les plus importants sur nos chantiers. Nous avons réalisé une campagne de communication interne, relayée sur l'ensemble de nos chantiers et agences, en France et à l'étranger afin de partager ces risques avec l’ensemble des collaborateurs. Cette étape est fondamentale pour que chacun participe activement à la réduction des risques. Le travail s’est poursuivi avec l’identification et la déclinaison de règles d’or pour lutter contre ces risques. En complément de ce plan d’action complet, un ingénieur prévention de l’OPPBTP nous a accompagnés tout au long de l’année, entretenant ainsi le lien avec nos équipes sur le terrain.

170
journées sécurité

ont rassemblé 8 600 salariés de grandes entreprises.

Que vous apporte mutuellement ce partenariat avec l’OPPBTP et l’Icsi ?

Nous avons eu l’occasion de participer à des échanges avec la Direction des grandes entreprises et la Direction Technique de l’OPPBTP sur des sujets spécifiques comme l'utilisation des ascenseurs de grues à partir de 30 mètres. En parallèle, notre Directeur QSE a été sollicité par l’OPPBTP pour contribuer à des projets novateurs et faire part de son expérience sur le terrain. Assurer la sécurité de tous nos collaborateurs est une priorité pour nous. L’expertise et le professionnalisme de ces organismes ont été de réels atouts pour consolider la culture sécurité du Groupe et nous sommes heureux de continuer à construire cette démarche avec eux.

Comment coordonnez-vous vos actions avec l'OPPBTP ?

En décembre 2017, l’Icsi et l’OPPBTP ont conclu un partenariat pour développer des démarches et outils de prévention orientés « culture sécurité » spécifiques au BTP. En adaptant la méthode de l’Icsi, nous avons réalisé huit diagnostics en commun. Au début, nous les réalisions et l’Organisme venait en soutien, désormais il gère seul et nous restons présents lors des moments clés. Cette continuité d’intervention commune nous permet d’enrichir la démarche et de mener des actions ensemble.

Quelles sont les grandes étapes de la démarche ?

En amont, nous allons au contact du terrain discuter, écouter et nous expliquons en détail la démarche au CSE. L’objectif est que ce soit l’entreprise accompagnée, volontaire, qui participe activement au diagnostic, qui est la première étape. Nous combinons à cela une montée en compétences des acteurs clés pour faciliter une appropriation rapide de la démarche par l’entreprise. Ensuite, une restitution est présentée à l’ensemble des participants. La deuxième étape est la « vision stratégique », c’est-à-dire que nous accompagnons l’entreprise pour identifier où et comment elle veut y aller, d’où l’importance d’un suivi sur quatre à cinq ans. Enfin, l’entreprise met en place un plan d’action avec notre aide.

Avec l’OPPBTP, que vous apportez-vous mutuellement ?

Volontaires pour travailler ensemble, nous avons constitué une équipe commune d’intervention en y associant des séances de partage de compétences : l’OPPBTP présentait le BTP, et l’Icsi les facteurs organisationnels et humains. Aujourd’hui, trois personnes de l’OPPBTP suivent l’Exécutive Mastère « Management des organisations à risques » de l’Icsi et une personne de l’Institut est salariée de l’OPPBTP. Nous travaillons en lien étroit, c’est la force de notre partenariat. Cela nous aide à créer des ponts entre le BTP et l’industrie que nous suivons. L’enjeu de notre collaboration est que notre offre d’accompagnement soit commune et s’enrichisse de nos expertises mutuelles.

Quelles sont les actions que vous menez auprès des grandes entreprises ?

Nous réalisons des accompagnements avec une équipe dédiée de huit personnes. Les grandes entreprises étant déjà très organisées en prévention, la question était de savoir comment nous pouvions les faire évoluer, d’autant plus que les indicateurs qu’elles utilisent révélaient un taux de fréquence d’accident stable et en dessous de la moyenne du BTP. Nous devions les aider à briser ce plancher de verre. Nous avons proposé d’utiliser les facteurs humains et organisationnels plutôt que de s’intéresser uniquement au comportement de l’individu et à sa manière de faire. La méthode est de toucher à la façon de penser influencée par la situation de travail, le collectif, le management, etc. et chercher à aligner les perceptions qui induisent les manières de faire. C’était une partie inexplorée dans le BTP. Aujourd’hui nous ouvrons une nouvelle voie à toutes les entreprises qui sont d’accord pour travailler sur ce point.

Comment coordonnez-vous ces actions ?

Nous travaillons en étroite collaboration avec l’Icsiet réalisons des diagnostics ensemble. Nous prenons le temps de connaître l’entreprise en profondeur pour l’accompagner au mieux et répondre à ses besoins. Sur le terrain, nous travaillons avec les comités de direction et les patrons, ce qui est très positif. C’est une révolution qui s’opère puisqu’initialement nous échangions avec les préventeurs et directeurs de prévention.

Que vous apportent les échanges avec les grandes entreprises ?

Notre métier se rapproche des sciences humaines ! On apprend tous les jours et on observe les changements qu’on induit. Nous sommes dans une démarche de travail collaboratif et participatif. C’est pourquoi nous tenons à échanger avec tous les collaborateurs lors d’immersions sur chantier, en agence ou lors d’entretiens collectifs, afin de les motiver et de les impliquer dans la prévention. Les nouvelles règles doivent être cohérentes avec la réalité.

Les CSE (Comité social et économique)

Depuis le 1er janvier 2020, le CSE a succédé aux délégués du personnel, Comité hygiène sécurité et conditions de travail (CHSCT) et comité d’entreprise dans toutes les entreprises de plus de 11 salariés. Afin d’aider les professionnels dans l’application de cette réforme, les conseillers se sont déployés sur tout le territoire et ont participé à plus d’un millier de réunions de CHSCT, CSE ou CSSCT (commissions santé, sécurité et conditions de travail) pour informer, expliquer. Fin 2019, 500 CSE avaient été identifiés, dont 316 disposaient d’une CSSCT. Cette dernière instance est d’ailleurs obligatoire dans les entreprises de plus de 300 salariés et peut être adoptée sur la base du volontariat par celles de 50 à 300 collaborateurs.
Le programme de formation destiné aux membres de CSE a donc été actualisé en 2019 pour mieux accompagner la transition. Celui-ci a doublé en termes de participants, avec une hausse de 237 % du nombre de stagiaires en 2019. À partir de 2020, une grille d’évaluation de culture de CSE sera disponible afin de proposer un module personnalisé à chaque entreprise. Une étape nécessaire afin de constituer une offre de services spécifique CSE.

« La prévention est un levier stratégique de notre performance globale. Ce nouvel engagement ancre notre exigence d’excellence dans ce domaine. Chacun de nos collaborateurs et de nos intervenants externes se doit d’en être l’acteur principal, dans un objectif de vigilance partagée. »

Les CSPS (Coordonateurs sécurité et protection de la santé)

2019 marque les 25 ans de la loi instituant et définissant le cadre de la mission des CSPS. À cette occasion, un colloque, organisé avec la Direction générale du Travail et le collectif CSPS, a permis de rappeler l’importance de la mission de coordination SPS et de tirer un bilan des actions menées (voir encadré).
En 2019, tandis que les réunions des clubs animés par l’OPPBTP ont maintenu un rythme de croisière soutenu, les régions Centre-Val de Loire et Poitou-Charentes ont créé les leurs. Depuis la mise en œuvre des rencontres professionnelles régionales, l’Organisme a tenu 184 rendez-vous, avec une participation moyenne de 18 personnes. 2019 a été l’année du déploiement des 12 recommandations issues du Livre blanc de la coordination SPS par les représentants des professionnels de la SPS. Ces recommandations sont tournées vers la mise en œuvre du dispositif législatif et réglementaire pour en mesurer les impacts, le dépassement de la seule relation contractuelle entre le donneur d’ordre et le coordonnateur SPS au bénéfice d’une collaboration efficace et fructueuse, le développement de la valeur ajoutée de la mission à travers des outils mieux adaptés et des compétences renforcées et le recrutement et la formation des coordonnateurs SPS pour relever le défi des 2 000 postes à pourvoir.

La maîtrise d’ouvrage

L’OPPBTP a continué à sensibiliser les maîtres d’ouvrage qui sont des acteurs clés pour la santé et la sécurité au travail sur les chantiers. Des travaux, commencés en 2019, sont en cours avec le syndicat LCA-FFB, la FFB et la Cnam pour produire un document de référence sur des actions d’amélioration de la prévention sur les chantiers de construction de maisons individuelles. Le déploiement opérationnel est attendu pour 2020.
Une convention signée en mai avec Orange et ses entreprises sous-traitantes représentées par l’ACNET et le SERCE, doit promouvoir les pratiques d’excellence en matière de prévention des risques lors des quelque 50 000 interventions pratiquées chaque jour sur les réseaux de télécommunication. Il s’agit, pour les partenaires, de renforcer la démarche de performance globale engagée en 2006.
Une autre convention a été signée en novembre avec le Syndicat des entrepreneurs de travaux de voies ferrées de France (SETVF). Un premier volet porte sur le renforcement de la politique santé et sécurité des entreprises de travaux des voies ferrées ; le second sur la prévention des risques liés à l’utilisation des pelles rail-route sur les chantiers de travaux ferroviaires. L’objectif est de mettre en adéquation les attentes de la maîtrise d’ouvrage, notamment SNCF Réseau, avec les pratiques des sous-traitants qui sont ainsi vivement encouragés à faire de la prévention une priorité. L’OPPBTP s’est engagé à les accompagner pour mettre en œuvre une politique de santé et sécurité au travail efficace. SNCF Réseau, de son côté, s’engage à écarter de ses appels d’offres les entreprises qui ne répondront pas aux critères de sélection en matière de sécurité.
Enfin, pour fêter les 20 ans de l’accord avec GRTGaz en 2021, les partenaires ont décidé de relancer les Trophées GRTGaz/OPPBTP. Sur le plan opérationnel, cette coopération a conduit cette année à de nombreuses actions comme l’évolution des « Passeports » opérateurs et encadrement délivrés aux intérimaires lorsqu’ils acquièrent les fondamentaux de la sécurité avant de commencer une mission sur un chantier, l’ouverture de ces Passeports à EDF et ENEDIS ainsi que la création de dispositifs de formation en e-learning dédiés aux métiers du gaz.

« La formation CSE propose des méthodes pratiques orientées BTP. À travers des ateliers, des mises en situation et un travail en équipe, elle répond aux questions qu’on peut se poser et surtout on se sent plus à l’aise au regard des outils qui nous ont été présentés. »
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Les rencontres de la CSPS

L'Institut pour une culture de sécurité industrielle (Icsi) a pour objectif de développer une culture de sécurité dans ce secteur. La méthode qu'il a élaborée se fonde sur une analyse documentaire de l’organisation, sur une immersion au sein de l’entreprise pour observer les pratiques et sur une étude des croyances et des représentations du personnel à travers un questionnaire anonyme. Elle permet de mettre en place une culture de prévention pérenne, d’explorer les aspects organisationnels et humains et d’effectuer un état des lieux en profondeur de la culture de sécurité de l’entreprise ciblée.

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